Eric Dargent : "Dans l'eau, j'oublie mon handicap" (2/3)

Alors qu’il vient d’être sacré Champion de France de handisurf pour la seconde fois consécutive, Eric Dargent a rendu visite à Proteor. Nous l’avons reçu au sein de notre siège à Dijon. L’occasion de s’entretenir avec lui pour balayer sa très large actualité. Après une première partie dédiée aux championnats de France, retrouvez maintenant la suite de l’interview où Eric évoque les championnats du monde à venir, en Californie au mois de décembre.

 

Les championnats du monde approchent, tu as fini 5ème l’année dernière. Comment t’y prépares-tu ?

« En utilisant la prothèse Easy Ride déjà, que j’utilise un maximum et que j’essaie d’utiliser du mieux possible. Je me suis beaucoup concentré aussi sur le coaching, avec Manu Portet, qui coache aussi Joan Duru l’un des meilleurs surfeurs français sur le circuit. C’est un très bon coach et aussi un ami. Il m’entraîne par des retours vidéos : il vient me filmer, fait des retours sur chaque mouvement, on essaie de voir comment on peut utiliser au mieux la prothèse, compenser avec le reste du corps, très important à utiliser. Sur le shape aussi de la planche, l’équipement autour – il faut qu’il soit le plus léger possible, moins contraignant pour la prothèse – les combinaisons adaptées. On essaie de réfléchir sur la prothèse, l’équipement autour et puis ma propre conception. Donc à partir de ces trois éléments, j’essaie d’évoluer un maximum et de surfer aussi un maximum. J’essaie aussi d’alterner les sports. Parfois, j’arrête aussi un peu de surfer et je fais d’autres sports. Ca me permet de lier deux choses différentes qui peuvent me permettre d’évoluer. Voilà comment j’essaie de progresser, sans aucune prétention parce que ce que je fais, je le fais avec plaisir et puis on verra bien ce que ça donnera. Le tout, c’est déjà de m’éclater, d’aller le plus loin possible ».

Tu te présenteras avec plus d’expérience, plus de confiance aussi avec ton titre de Champion de France ?

« Ce que j’aime vraiment, c’est rentrer dans une compétition et ne pas avoir de pression. Quand je me mets à l’eau, j’ai envie de surfer, de garder cette envie et de surfer le mieux possible quand c’est la compétition, à la limite d’oublier tout ce qui se passe autour. Je suis dans mon surf, c’est vraiment l’élément le plus motivateur parce que quand je suis dans l’eau et que j’oublie tout ce qui se passe autour, j’oublie mon handicap et c’est une de mes priorités quand je surfe. Je veux me faire du bien, oublier ma prothèse, mon handicap et être juste sur mon surf. Pour l’instant c’est ce qui marche le mieux. C’est comme ça que j’agis. Je n’ai pas de pression et puis en plus le championnat du monde c’est en Californie, c’est juste incroyable. Rien que de pouvoir partir en Californie, c’est un véritable plaisir.

Parles-nous un peu de l’esprit qui règne durant ces championnats.

« Il y a une véritable effervescence lors de ces championnats du monde. Plein de nations se réunissent : il y a des Australiens, des Américains, des Sud-africains, des Néo-zélandais, des Français, des Italiens, des Irlandais… Il y a énormément de nations présentes donc et tout le monde se retrouve là-bas. Il y a un défilé avec les drapeaux, un discours du maire de San Diego, le président de l’ISA (International Surfing Association ndlr), ce sont des moments émouvants. Avec de belles paroles aussi comme cette phrase magique du président de l’ISA qui disait : « On plante un arbre et demain ce sera la jungle ». Et c’est un peu cette image, on démarre et c’est parti, en avant ! On va construire quelque chose. Pour moi c’est très positif ».

Est-ce que tu considères que ton genou Easy Ride est une valeur ajoutée ?

« Evidemment. Ca me donne la possibilité de surfer debout, de faire d’autres sports aussi puisque je fais du VTT avec, du skate, de la pala (sport proche de la pelote basque ndlr), plein de sports. Je suis bien à la fois dans le genou, autrement dit dans l’emboîture et aussi dessus, c’est-à-dire au-dessus du genou. Quand je l’ai, je l’oublie. Le but c’est qu’il soit performant et utilisable dans plein de situations, qu’il puisse me suivre dans plein de sports différents. Et puis il y a cet aspect aventure aussi : on a créé un produit et de ce produit vont découler plein de nouvelles choses. On ne sait pas où ça va, et où ça peut s’arrêter. Des personnes me contactent pour me demander des choses complètement incroyables comme par exemple si ça peut être utilisé pour faire du water biking, de la boxe. Ou encore un Américain qui voulait savoir si on pouvait chasser avec. Le genou peut être utilisé dans plein de situation. Et je pense que c’est intéressant de voir aussi une fois que le produit est vendu où il va et comment il est utilisé. Donc oui, c’est une valeur ajoutée, une possibilité de performances et puis une espérance sur l’avenir car c’est un produit qui peut évoluer, qui peut être modifié et amélioré. Donc il y a une véritable aventure technologique, humaine autour de ce produit ».

Retrouvez bientôt la troisième et dernière partie de l’interview, dans laquelle Eric évoque l’avenir de sa collaboration avec Proteor et ses projets personnels.

Et voici la bande annonce des championnats du monde de handisurf, du 8 au 11 décembre en Californie.


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