Stéphane Molliens : "Le sport a un apport considérable"

Stéphane Molliens a fait briller la France en 2016. Le pongiste a remporté la médaille d’Or en Equipe, la première se de carrière, durant les Jeux de Rio. Pour nous il a accepté de revenir une dernière fois sur ces Olympiades et nous révèle ses envies pour l'année 2017..

« Rio 2016 : Un super moment à vivre »

A Rio, Stéphane Molliens a remporté la première Médaille d’Or de sa carrière après avoir remporté 3 médailles d’argent à Londres et Rio. « C’est un aboutissement parce que quand on a goûté trois fois à l’argent, on se dit qu’il manque un petit truc. Et puis l’argent aux Jeux, ça veut aussi dire qu’on finit sa compétition sur une défaite et ça laisse toujours un petit goût amer. Cette année, à Rio, je crois que ça avait une saveur particulière parce que déjà c’était le titre et c’est le plus beau des métaux. Mais ensuite parce que ça a été acquis en équipe et on avait à cœur de finir sur la note qu’on souhaitait. C’est-à-dire qu’en étant champions d’Europe, champions du Monde, c’était assez cohérent d’aller au bout de ce Grand Chelem ».

Stéphane Molliens a été l’homme de cette finale opposant la France à la Corée du Sud puisqu’après avoir remporté le double avec son coéquipier Fabien Lamirault, il a inscrit le point décisif. Un moment forcément particulier : « Je savais que je pouvais jouer puisque je savais que mon collègue Fabien pouvait avoir des difficultés contre le joueur qu’il affrontait. Et quand j’ai vu que les choses tournaient en défaveur de Fabien, je me suis vite préparé de nouveau et je me suis dit que c’était ma chance. C’était fabuleux, je ne joue pas pour que les médailles tombent du ciel, je veux pouvoir aller chercher la victoire. J’avais envie de participer grandement à la victoire. Alors si Fabien avait gagné, ça aurait été formidable mais c’est vrai que là l’opportunité m’était donnée de gagner le point décisif et puis de vivre un grand moment. Donc j’ai vraiment bien abordé le match avec beaucoup d’envie, d’enthousiasme. C’était plus compliqué à finir parce que je pense que, malgré la concentration et la détermination, il y a toujours un petit truc qu’on ne peut pas travailler en amont. C’est le contexte que l’on vit, cette finale avec l’équipe qui est là, prête à exploser de joie quand on marque le dernier point, avec beaucoup de spectateurs français devant nous, avec la télé… Et quinze jours de compétition derrière nous. Mais je m’en suis assez bien tiré et donc c’est tant mieux pour moi et pour l’équipe. C’était vraiment un super moment à vivre ».

Au-delà de l’aspect sportif, Stéphane Molliens est revenu de Rio avec de formidables souvenirs : « En dehors de la victoire, parce que finalement c’est ce qui vient en premier, je crois que c’est tout un ensemble de sensations que j’ai certainement vécu pour la première fois. C’est bizarre de dire ça quand on a vécu quatre olympiades en tout mais je crois qu’avec l’âge, on vit les choses de manière un peu différente. J’ai vraiment pu profiter à 100% de l’événement dans lequel j’étais. Je ne sais pas si j’aurais pu profiter plus. Je crois que je suis rentré dans la compétition avec de la faim, de l’envie en étant bien préparé. Je me suis régalé à vivre dans un groupe de joueurs sain et déterminé, très pro, très solidaire et j’ai trouvé que l’ambiance générale était vraiment très bonne, ce que je n’avais pas toujours perçu dans les autres Jeux que j’ai vécu. Donc c’est tout un ensemble, la Cérémonie d’Ouverture ou de Clôture ne m’a pas marqué plus que ça. Par contre, je pense que le fait d’avoir vécu dans un pays un peu plus loin de la France quelques temps avec une culture différente et avec des gens humbles et extrêmement accueillants a fait de l’événement quelque chose d’incroyable et super agréable à vivre».

Pour le moment, il assure ne pas avoir pris de décision quant à une éventuelle participation aux Jeux de Tokyo en 2020 : « Il n’y a pas décision sur les 4 ans à venir qui est prise. J’ai envie de  prendre du plaisir à jouer encore cette année, je crois que je ferai un bilan à la fin de chaque année si j’ai encore à la fois les qualités, l’enthousiasme et la pêche sans avoir de blessures particulières pour que je puisse peut-être concourir un peu plus tard sur les jeux de Tokyo. Mais franchement, je n’y pense pas. J’ai surtout envie de faire une bonne année tranquille, m’amuser dans un sport reconnu et puis progressivement mettre en place ma future vie professionnelle et sociale ».

« Toujours un plaisir d’aller chez PROTEOR »

Stéphane Molliens est un patient de longue date de PROTEOR. Appareillé par les équipes de Montpellier, il entretient aussi une relation sincère avec son orthoprothésiste Delphine Jarry : « Delphine est une amie. Ce sont des gens charmants chez PROTEOR Montpellier  et Delphine en particulier est quelqu’un de très humble, très pro et toujours disponible. C’est vraiment une belle rencontre que j’ai faite à Montpellier mais qui s’inscrit dans la belle rencontre que j’avais déjà eu avec Philippe Callens (PROTEOR Nancy ndlr) qui lui-même m’avait conseillé de contacter Delphine quand il a su que j’avais déménagé à Montpellier. Et finalement j’ai retrouvé la même ambiance, le même professionnalisme, je prends toujours du plaisir à aller la voir. Et que ce soit la secrétaire ou le stagiaire, il y a toujours des petits mots sympathiques qui sont échangés. En fait j’ai l’impression que c’est une marque de fabrique de PROTEOR parce que où que j’aille, sur les différentes interventions que j’ai faite, à Nantes, au Grau-du-Roi, à Lyon, quand je viens à Dijon, je suis toujours super bien accueilli et j’aime beaucoup l’ambiance qui réside au sein de cette entreprise. Donc c’est toujours un plaisir ».

 

 

Fort d’une expérience sans équivalents, Stéphane Molliens souhaiterait maintenant mettre son expérience au profit des plus jeunes générations : « J’aimerais continuer ma carrière et voir, de manière peut-être un petit peu plus détachée, comment les choses évoluent en ce qui me concerne.  Mais j’ai vraiment envie de transmettre mon expérience à de jeunes joueurs pour les aider à franchir des étapes et qu’ils arrivent un jour  à connaître le bonheur d’une médaille d’Or olympique. Et puis que les gens s’épanouissent et s’accomplissent à travers ce sport-là que j’ai connu. J’aimerais aussi, même si les choses ne sont pas encore très claires dans ma tête, de manière peut-être moins sportive et  en toute humilité devenir un ambassadeur de la réussite sportive, malgré le handicap : montrer qu’il n’y a pas de frein particulier si ce n’est ceux qu’on va se mettre nous-même. À un moment, il a fallu que je franchisse une étape dans le sport. Et je savais qu’il me fallait une aide technique donc des gens se sont investis et des personnes de PROTEOR aussi se sont investies pour m’aider dans cette démarche-là. Et ça montre finalement qu’il n’y a pas de frein, on peut à un moment avoir des aides extérieurs, des possibilités techniques, technologiques pour continuer son chemin, en étant ambitieux avec des objectifs clairement établis. Et c’est un petit peu le message que j’ai avec PROTEOR : je ne sais pas si aujourd’hui j’aurais pu bénéficier de tant de bonheur sportif sans l’aide technique que m’ont apportée les équipes de PROTEOR à un moment de ma carrière ».

« Le sport : un apport considérable sur le plan corporel et social »

Ce rôle d’ambassadeur est d’autant plus important que le sport est aujourd’hui quelque chose qui aide à mieux vivre son handicap. Un constat que Stéphane Molliens confirme : « J’y vois deux choses. La première, c’est que, quand son corps change, après un accident notamment, on prend conscience de la vulnérabilité du corps mais on n’a pas conscience de son réel potentiel. Et le sport permet de se redécouvrir parce que forcément, il impose que le corps se mette en avant et soit sollicité. Et on est parfois surpris, étonné de nos réelles capacités physiques. Et donc forcément ce sont des bonnes surprises. Le sport permet finalement, avec une sollicitation corporelle constante, de voir quelles sont les limites de ce corps et donc le connaitre encore davantage, apprendre à reconnaitre des signaux corporels, de fatigue, de bien être etc…

Et puis, la deuxième chose, qui à mon sens est importante est le caractère social du sport. Le handicap, parfois, nous éloigne de la réalité quotidienne pour plein de raisons : l’accessibilité matérielle, l’accessibilité sociale, professionnelle… Quand on s’investit dans un sport, on rencontre des gens, on s’inscrit dans des structures, et on oublie complètement le handicap : car on ne fait plus partie d’une catégorie sociale, qui est celle des personnes handicapées, mais on fait partie des sportifs, tout simplement. Et à partir de là, on est dans une logique, une problématique de sportifs et non plus dans une logique et une problématique de personnes handicapées. Et donc oui, je pense qu’en effet, à la fois sur le plan corporel, et qui dit corporel dit bien évidemment mental, mais aussi au niveau social, il y a un apport considérable du sport, qu’on fasse du sport de loisir ou du sport de compétition ».

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